Date: 10/07/2020

FOREX

Les échanges de début de journée du vendredi sont sous le charme de l’évitement des risques, offrant un soutien au dollar refuge. Les investisseurs ont fait preuve d’un optimisme remarquable ces derniers temps, mais la froide réalité de plus de 60 000 nouveaux cas de COVID-19 aux États-Unis hier a, pour l’instant, battu en brèche la positivité des marchés. Ces craintes d’une résurgence du virus ont été aggravées par les données américaines sur l’emploi publiées hier, qui montrent que le nombre de demandeurs d’emploi dépasse les 18 millions et font craindre une lente reprise économique. Au milieu de cette vague d’appréhension, le dollar apparaît une fois de plus comme la devise à privilégier lorsque le risque n’est plus à craindre.

Ricardo Evangelista – Analyste Senior, ActivTrades


PÉTROLE  

On attend beaucoup d’une reprise économique mondiale rapide, mais est-ce que cela est soutenu par des raisons fondamentales réelles ou est-il davantage lié aux attentes d’interventions continues de la Fed et de la BCE ? C’est probablement la vraie question qui se pose sur les marchés boursiers et pétroliers. Le prix du pétrole a retrouvé le seuil des 40 dollars après avoir chuté à un niveau négatif – pendant quelques heures seulement – le 20 avril. Cela n’a impliqué que l’expiration du WTI en mai, en raison d’une situation temporaire et extraordinaire dans laquelle tous les réservoirs et les structures de stockage étaient complètement remplis à Cushing, Oklahoma, où convergent de nombreux oléoducs.

Que pouvons-nous maintenant attendre du prix ? Il est certain que nous avons un marché plus faible par rapport à la situation pré-pandémique, même s’il semble que l’intervention de l’OPEP+ et les réactions rapides des banques centrales ont réussi à faire remonter le prix.

Le plus grand risque est lié à la possibilité d’une deuxième vague du virus et notamment à de nouvelles fermetures d’économie, qui pourraient entraîner un effondrement temporaire des économies réduisant la circulation des personnes et la demande de carburant des secteurs automobile et aérien. En outre, face à une récession mondiale, la demande de pétrole diminuera, ce qui aura des effets sur le prix du baril. Il s’agit sans aucun doute d’un autre risque important, car le scénario d’offre excédentaire observé ces derniers mois pourrait réapparaître si les économies ralentissent.

Un autre élément à prendre en compte est l’accord entre les pays de l’OPEP+, qui constitue un soutien crucial pour le prix. En outre, il sera également très intéressant de voir la réaction des producteurs américains et le pourcentage de structures qui peuvent survivre à un environnement de prix bas soutenu (et bien sûr, l’intervention du gouvernement américain pour les maintenir). En quelques mots, les investisseurs parient sur une reprise rapide, mais des risques subsistent et pourraient se profiler à l’horizon.

Carlo Alberto De Casa – Chef analyste, ActivTrades

 

ACTIONS EUROPÉENNES

Les actions ont ouvert en baisse vendredi en Europe, prolongeant les pertes d’hier et poursuivant la tendance baissière de la nuit en Asie, alors que l’appétit pour le risque s’estompe dans le monde entier. Malgré un début de semaine positif, l’augmentation record du nombre d’infections et de décès dans plusieurs pays (Californie, Floride, Mexique, pays BRIC, etc…) a ramené une certaine incertitude sur les marchés et a affecté le sentiment des investisseurs. Même si la plupart des négociants, rassurés par des mesures de relance monétaire et fiscale sans précédent, croient encore à la solidité des économies, ils digèrent aussi le fait que le virus ne disparaît pas. Cette situation les conduit à tempérer leurs investissements et à se préparer à d’éventuelles nouvelles mesures de confinement locales cette année, ce qui rendrait la reprise actuelle plus lente qu’initialement prévu. Les tendances haussières restent valides jusqu’à présent sur la plupart des indices de référence, mais cette situation augmente la probabilité de marchés légèrement moins directionnels dans les semaines à venir, les opérateurs étant dans l’attente d’une avancée significative du côté du virus avant d’augmenter leur exposition à des actifs plus risqués.

L’indice Stoxx-50 se négocie autour de son premier niveau de support disponible, au-dessus de 3 250 pts, dans un mouvement correctif à l’intérieur de son canal haussier. Le marché continue d’enregistrer de nouveaux sommets tout en se maintenant au-dessus de sa ligne de tendance haussière à court terme, la moyenne mobile de 21 jours est haussière et agit comme un support dynamique pour les prix. L’objectif de hausse reste juste en dessous de 3 400 pts, mais une rupture en dessous de la zone des 3 250 pts pourrait amener les prix à retomber sur 3 175 pts à court terme.

Pierre Veyret– Analyste Technique, ActivTrades