Analyse Marché

03-Avril : Les investisseurs hésitants avant le NFP

FOREX

Hier, l’indice qui mesure la performance du dollar par rapport aux autres grandes devises a augmenté de 2,2 %. Les gains du billet vert se sont produits en même temps que la publication des pires données sur le chômage aux États-Unis, avec plus de 6,6 millions d’inscriptions au chômage en une seule semaine. Ce comportement quelque peu contre-intuitif de la monnaie américaine, qui augmente lorsque les conditions économiques du pays se détériorent, célèbre le statut de valeur refuge du dollar, recherché par les investisseurs en période de déclin économique, même lorsque ce déclin se produit aux États-Unis. Plus tard dans la journée, les données relatives à la création de nouveaux emplois, les salaires non agricoles, seront publiées ; c’est normalement l’un des points les plus importants du calendrier économique, mais pas cette fois-ci. Les données se réfèrent à la période se terminant le 12 mars, précédant largement la phase aiguë de la crise et donc presque sans objet. Il est donc fort probable que les salaires non agricoles n’auront que peu ou pas d’impact sur le comportement du dollar à cette occasion.

Ricardo Evangelista – Analyste Senior, ActivTrades


PÉTROLE  

Une fois de plus, un tweet de Donald Trump a suffi à générer un énorme mouvement spéculatif sur les marchés, avec le pétrole comme actif en question cette fois. La spéculation sur la possibilité d’un accord entre la Russie et l’Arabie saoudite, impliquant également les États-Unis, a vu le prix du pétrole bondir rapidement de 21,50 à 27 dollars, avant de ralentir à 25 dollars. Les investisseurs s’attendent à ce que quelque chose se produise, même si, franchement, l’accord ne semble pas immédiatement possible et, à ce stade, ressemble plus à de la spéculation qu’à quelque chose qui pourrait se produire rapidement. Et c’est là le point essentiel, car le marché du pétrole a besoin que quelque chose se produise le plus rapidement possible pour rééquilibrer le choc qui se produit sur les marchés avec deux cygnes noirs en même temps : le coronavirus et un accord de l’OPEP manquant.

En d’autres termes, à moins que l’on ne s’entende sur quelque chose de réel (et pas seulement sur des rumeurs), le risque est que le baril ralentisse à nouveau dans les prochains jours après ce rallye rapide et impressionnant.

Carlo Alberto De Casa – Chef analyste, ActivTrades

 

ACTIONS UE

Les actions européennes ont connu une ouverture mitigée lors de la dernière séance de la semaine, après de légères pertes en Asie pendant la nuit. La plupart des marchés d’actions européens se négocient autour de leur zone neutre, les investisseurs hésitant à prolonger les gains d’hier avant le rapport très attendu d’aujourd’hui sur l’emploi aux États-Unis. En ces temps incertains, les investisseurs vont s’accrocher et se concentrer sur les données qui doivent être publiées aujourd’hui, comme la masse salariale du secteur privé aux États-Unis, afin d’obtenir plus d’indices sur les dommages que le Covid-19 a causés à l’économie jusqu’à présent. Toutefois, il est encore difficile d’évaluer ce qui est déjà intégré dans les prix. Il faut s’attendre à une forte réaction du marché et à une augmentation de la volatilité dans l’après-midi, car de nombreux investisseurs seront tentés d’ajuster leur exposition après la publication des données américaines et avant un week-end chargé. Les assureurs et les actions du secteur de l’énergie pèsent aujourd’hui sur les marchés européens, l’indice Stoxx-50 dérivant toujours dans la fourchette 2650pts-2 700pts. Le marché reste bien plafonné par le niveau de résistance à 2 720 pts, qui est placé à l’intérieur de sa zone de gap baissier, tandis que le prix est également soutenu par un important niveau technique au-dessus des 2 634 pts. Une rupture de l’une de ces zones ouvrirait les portes à un mouvement directionnel beaucoup plus clair.

Pierre Veyret– Analyste Technique, ActivTrades