La BCE Favorable à un Retour Accéléré de l'Inflation

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Croissance faible et une inflation inexistante : Mario Draghi sort l’artillerie lourde

Publié : Mars 2016

Jeudi 11 mars 2016, les décisions de la BCE (Banque Centrale Européenne) étaient fortement attendues par les marchés dont les attentes étaient particulièrement élevées dans l’espoir de nouvelles mesures pour relancer l’économie et l’inflation de la zone euro.

La BCE a pour principal objectif d’assurer la stabilité des prix c’est-à-dire de maintenir l’inflation à un niveau inférieur mais proche de 2 % à moyen terme dans le but de soutenir les politiques économiques générales de l’Union européenne visant au plein emploi et à la croissance économique.

Les risques géopolitiques et les incertitudes portant sur l’évolution de l’économie globale ont amené le Conseil des Gouverneurs de la BCE à revoir leurs prévisions économiques à la baisse (comparativement aux chiffres de décembre 2015). La croissance en zone euro devrait atteindre 1,4% en 2016, 1,7% en 2017 et 1,8% en 2018. Concernant l’inflation, elle est attendue à 0,1% en 2016, 1,3% en 2017 et 1,6% en 2018 – loin des objectifs d’une inflation proche de 2%.

Dans ce cadre, la BCE se doit d’agir pour contrer les obstacles qui retardent la hausse de l’inflation à 2% en utilisant toujours plus d’outils de politique monétaire non-conventionnelle.

Quelles décisions ont été prises par l’institution le 11 mars 2016 ?

  • le taux d’intérêt principal (taux de refinancement) passe de 0,05% à 0%, à partir du 16 mars 2016. Il s’agit du taux qu’une banque de second rang doit payer pour emprunter de l’argent à la BCE. Le montant de ce taux est donc le prix de cet emprunt sur 1 semaine.
  • le taux d’intérêt de la facilité de dépôt passe de -0,30% à -0,40 %, à partir du 16 mars 2016. Il s’agit du taux que les banques doivent actuellement payer pour conserver de l’argent auprès de la BCE.
  • le taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal passe de 0,30% à 0,25 %, à partir du 16 mars 2016. Il s’agit du taux que les banques doivent payer pour utiliser des crédits overnight d’une Banque Centrale Nationale qui fait partie de l’Eurosystème en dehors des opérations classiques de refinancement. C’est donc un taux à 1 jour.
  • les achats mensuels du QE passent de 60 à 80 milliards d’euros, à partir d’avril 2016.
  • concernant les actifs éligibles à ces achats, les obligations de typeinvestment grade (donc bien notées par les agences de notations) qui sont libellées en euros et émises par des sociétés non bancaires de la zone euro sont maintenant prises en compte.
  • en juin, septembre, décembre 2016 et en mars 2017, 4 opérations de refinancement à plus long-terme ciblées d’une durée de 4 ans seront lancées, appelées TLTRO II pour Targeted Longer-Term Refinancing Operations.

La BCE estime que ces décisions permettront d’accélérer le retour de l’inflation et d’atteindre l’objectif de stabilité des prix en facilitant davantage les conditions de financement, en stimulant l’offre de crédits pour aider la dynamique de la reprise économique en zone euro.

Avec un taux de refinancement à 0%, les banques commerciales peuvent désormais se financer gratuitement auprès de la BCE ce qui devrait faire baisser les taux qu’elles appliquent sur les prêts accordés à leurs clients. De même, les placements de leurs clients dans leur banque ne rapporteront plus rien ce qui devrait favoriser la consommation plutôt que l’épargne.

Un taux de rémunération des dépôts négatif signifie que les banques doivent payer pour que la BCE conserve leurs liquidités excédentaires. L’objectif de la BCE est ici de décourager les banques à déposer des réserves dans ses coffres et de les encourager à investir ces sommes sous forme de crédit aux entreprises et aux ménages afin de relancer l’économie.

Logiquement, le taux de rémunération des dépôts (-0,40%) est toujours inférieur au taux marginal (0,25%) car la BCE perdrait mécaniquement de l’argent chaque jour dans le cas contraire. Le taux de refinancement (0%) est inférieur au taux de prêt marginal car une banque doit payer plus cher pour pouvoir emprunter n’importe quand et en dehors des opérations hebdomadaires classiques de la BCE.

En ce qui concerne les opérations de TLTRO II, elles vont permettre d’offrir aux banques des conditions de financement plus attrayantes sur le long-terme afin d’assouplir davantage les conditions de crédit. Ainsi, ces opérations devraient renforcer la transmission de la politique monétaire vers l’économie réelle en incitant les banques à plus de prêts. Le taux d’intérêt appliqué à ces opérations sera fixé pour chaque opération au taux d’intérêt de refinancement principal en vigueur au moment de l’attribution.

Est-ce qu’aller toujours plus loin dans les politiques monétaires ultra-accommodantes est vraiment efficace ?

Toutes ces actions sont décidées dans le but de remplir la mission de la BCE concernant les prix. Cependant, l’observation de l’évolution du taux des swaps à cinq ans dans cinq ans – qui est la mesure habituellement utilisée par la BCE pour définir l’inflation à moyen-terme – décrit une situation bien différente. Les actions de la BCE ne rapprochent pas l’inflation de son objectif, bien au contraire elle l’en écarte.

L’action des Banques Centrales seule ne peut permettre un résultat optimal surtout dans les cas de la BCE qui doit se charger d’une politique monétaire commune à 19 pays. Tout le challenge réside dans le policy-mix (dosage des politiques monétaires et budgétaires), dans le partage des compétences entre politique monétaire, politique conjoncturelle, puisque la politique budgétaire reste aux mains des états, et politique structurelle.

En effet, la mise en place de l’euro a rendu impossible les politiques monétaires au niveau national, les différents états ont donc abandonné leurs souverainetés monétaires au profit de la BCE. Elle doit faire face à des états qui ne présentent pas les mêmes structures économiques, qui n’ont pas les mêmes ressources ni le même potentiel de croissance. La mise en œuvre rapide et efficace des réformes structurelles dans la zone euro, dans cet environnement de politique monétaire ultra-accommodante, permettrait d’obtenir une croissance économique plus pérenne et rendrait ainsi la zone euro plus résistance face aux chocs mondiaux.

 

Carlo Alberto De Casa

Chief Analyst
Diplômé à Turin, Carlo Alberto De Casa a étudié une année en Allemagne où il a également travaillé en tant que chercheur, il a reçu le prix de la meilleure…

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